Arica, le nord oú il fait chaud

A Arica le premier jour, je suis trop fatiguée de la nuit dans le bus pour etre productive. Le soir, alors que j’ai la ferme intention de me coucher tres tôt, je commence a papoter avec Yolande la volontaire française, Jenny la proprio française, et Adrien, un français. Est ce que j’ai deja dit a quel point les français sont PARTOUT ? Jenny a 35ans et tient l’auberge depuis 5ans. Quand je lui demande comment elle en est arrivée la, elle me repond le plus simplement du monde : « Comme toi, j’etais juste partie voyager 6 mois ».
Puis on va s’asseoir dehors ou pour la première fois depuis une éternité le coucher du soleil ne signifie pas 20 degrés de moins. La on parle avec 3 autres français (ai-je deja dit que les français sont ABSOLUMENT partout ?). Il y a Sarah, et puis Pierre & Perrine, tous nantais, que j’ai la conviction d’avoir deja croisés un jour dans ma vie sans avoir la moindre idée d’oú, je cherche toujours !
Bref, soirée très intéressante, oú au final je me suis couchée a 2h. Ne jamais dire « ce soir je me couche tôt », ça ne marche jamais.
Et puis le lendemain j’ai pris un cours de surf avec Yoyo, un chilien aux cheveux longs. J’etais crevée avant de commencer, morte après la séance. Et meme si Yoyo a dit que « mouaif aujourd’hui niveau vagues je dirais que c’était un 2/10 », moi je trouvais qu’il y en avait bien assez !

Après enfin une bonne nuit de sommeil, découverte de la ville que je trouve sympa.

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Cathedrale San Marcos de Arica. La structure a été fabriquée dans les ateliers Eiffel, est arrivée au port d’Arica en 1875 et fut ensuite montée par des francais.

 

En montant au mirador le Morro, je peux avoir une vue d’ensemble de la ville colorée, l’océan, le port, les quartiers pauvres en périphérie, et les alentours sans végétation. Des dizaines de vautours ont élu domicile  quelques mètres sous le mirador, ce qui permet de bien profiter du ballet aérien. Mon œil est également attiré par l’ex-ile Alacran autour de laquelle il y a l’air d’avoir de l’ecume.
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Ubu a tete rouge

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Haut les mains !

J’y descends et je ne suis pas déçue : les vagues sont gigantesques ! Je m’installe avec un délicieux jus frais de mangue (ils vendent partout des jus de fruits exotiques trop bons dans le nord du Chili) pour profiter de l’incessant spectacle des vagues. Je pousse de temps en temps des « oooh !! » et des « aaaah » d’émerveillement. Et puis je finis le tour du petit bout d’ile, pour découvrir que de l’autre coté il y a une dizaine de su rfeurs. Ils attendent patiemment qu’une vague s’eclate contre la jetée et provoque une autre vague. Je me remets a faire des wow quand je les vois s’élancer sur des murs d’eau qui me paraissent démesurément grands. Et je suis consciente que même si cet endroit est réputé pour le surf, il existe des vagues encore bien plus grandes ailleurs !

 

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Après le coucher de soleil, je décide que c’était une bonne journée et je rentre satisfaite.

Le lendemain je reviens vers le sud, a Iquique. L’arrivée est spectaculaire, on voit d’assez haut la ville coincée entre des dunes de sables géantes et l’océan. Ce n’est pas pour rien que c’est un endroit tres réputé pour faire du parapente.

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De Mendoza a Arica

Encore un voyage en bus mémorable entre Mendoza et La Serena au Chili. Partie le soir pour 12h de trajet, on s’est tres vite retrouvés de nuit entourés de montagnes. C’était la pleine lune ou presque, et il y avait quelques nuages qui faisaient un sublime jeu de lumière lunaire. La luminosité était suffisante pour distinguer les reliefs tout en les laissant dans une mystérieuse pénombre.

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Je me demandais si ce paysage serait encore plus impressionnant et majestueux de jour. Jusqu’à ce que je reconnaisse des éléments du décor. J’etais persuadée qu’on allait passer par San Juan au nord de Mendoza puis passer au Chili assez tard, mais pas du tout ! En fait on reprenait la route qui passe par Upsallata, Puente del Inca et le parc Aconcagua ! Autant dire qu’a partir de ce moment la je me suis demandée comment allaient etre les virages a pics en épingles a cheveux, qui était comme ca de jour :

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Après le passage de frontière a 4000m d’altitude qui n’a duré que 30mn contre 2h30 la dernière fois, on aborde la descente. Et bien la nuit amplifiait encore la grandeur du paysage et des montagnes, c’était incroyable ! Du coup je n’ai consenti a dormir qu’a partir de 1h30 quand le relief a commencé progressivement a décliner.
A 6h je me dis que je vais pouvoir profiter du lever du soleil, je suis du bon cote du bus.
Mais que nenni. Alors qu’on devait arriver a 8h30, j’apprends a 6h45, alors qu’il fait encore nuit noire, qu’on est arrivés a La Serena. C’est bien la première fois qu’on arrive en avance, et aussi la première fois que ça ne m’arrange pas du tout.
Je tourne en rond jusqu’à 8h30 ou je me pointe a une auberge. Le gars de l’accueil me dit que le check-in n’est qu’a 14h, mais finalement devant ma mine dépitée il consent a me filer un lit ou je continue un peu ma nuit.

C’est une courte escale pour couper la route jusqu’au nord du Chili, aussi je ne fais pas des choses folles. Balade au jardin japonais mignon comme tout, ou je continue néanmoins a etre exaspérée par les selfies et pire, les perches a selfies.

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Au zoo d’a coté, il y a une grande cage avec papa condor, maman condor et « bébé » condor. Mais aucune cage ne pourrait etre assez grande pour des condors, je me dis avec tristesse que s’ils veulent faire un vol plané, ils doivent en profiter a peine une seconde.

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Une petite parenthèse explicative sur les condors etant donné que je me suis régulièrement demandée si je voyais des condors ou des vautours. Et en fait le condor des Andes fait partie de la famille des vautours, et c’est le spécimen le plus grand : jusqu’à 3m d’envergure contre (seulement) 1,5 pour les vautours. On peut donc les reconnaitre grace a leur taille, meme si d’en bas c’est souvent difficile a estimer. L’astuce qui ne loupe pas, c’est que les condors ont une collerette blanche autour du cou.

Après m’être promenée le reste de la journee, j’en ai conclu que j’aimais bien cette ville. Le centre est sympa, animé, avec une ambiance agréable et plein de vieux bâtiments car La Serena est l’une des plus vieilles villes du Chili.

Puis le le demain matin j’ai repris un bus pour aller a Arica a l’extrême nord du Chili, histoire de titiller la frontière péruvienne. Et bim, encore 24h de bus. Étonnamment je ne m’ennuie toujours pas, faut dire que ne rien faire c’est un peu mon passe-temps favori.

Sur la fin du trajet, le paysage a encore une fois été source d’émerveillement. Une veine verte dans une vallée entourée de montagnes arides, ça surprend !
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Vers 9h j’arrive a Arica, au bout de la route, a coté de la mer mais avec un climat de désert. Je suis chaleureusement accueillie a l’auberge Arica Unité par Yolande, une française bénévole qui me propose meme de petit déjeuner. Wow, après 24h de bus ça fait plaisir ! Surtout que les petits dej ici sont du jamais vu :

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Et ca change tous les jours !

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Arica Unite Hostel, au bord de l’océan

 

 

 

Retour a la montagne

L’océan Atlantique c’est bien beau, mais la Cordillere me manque deja alors je reprends un bus le 1 mars pour retraverser l’Argentine dans sa largeur. 24h de bus passées a dormir et a regarder plus ou moins : Madagascar 2, La reine des neiges, Planes, Toy Story 2, Wall-E, et un film. On pourrait croire que le bus était rempli de marmots, mais meme pas.

Je me retrouve une fois de plus a Mendoza, ou je ne reste que le temps de prendre le colectivo (bus de ville) qui va a la ferme de Lavalle. Bien evidemment sur les deux lignes de bus qui vont la bas je n’avais pas pris celle qui passe devant la ferme, j’ai donc du descendre a la station de bus apres une interminable 1h30 de bus a cause de problemes sur la route. A ce moment la il est environ 21h, il fait nuit, il pleut un peu. Plusieurs options me viennent a l’esprit : attendre le prochain bus qui passe devant la ferme mais ca peut etre dans 1h, ou bien marcher le long de la route les 45mn, ou bien faire du stop.

Je commence donc a marcher le long de la route avec ma lampe frontale en tendant le pouce. Une voiture, une deuxieme. A la troisieme je sens que ca va marcher. Et pour cause, c’est la voiture de Laura et Raimundo ! Ils pilent et bien evidemment, acceptent que je monte dans la voiture. Je suis morte de rire, heureuse de les voir, et d’avoir attendu si peu de temps. Laura me dit que j’ai bronzé et que j’ai les cheveux super longs.

Le soir je parle 2h avec elle, de mon voyage, de la vie a la ferme, des autres woofers. Bébé Lucia a bien grandi, et la petite Emma n’a pas perdu son énergie. Elle me raconte les nouvelles péripéties avec la voisine kleptomage, qui a fait tres fort cette fois puisqu’elle leur a volé… le chien Roco pendant un mois !

Ensuite pendant mes deux jours a la ferme je ne l’ai pas beaucoup revue car elle avait trop de travail avec ses cours a l’université. Mais j’ai fait la connaissance du couple de francais wwoofers super sympa, qui ne se sont pas offusqué que je leur parle pendant qu’ils travaillent. Beaucoup de petites choses avaient changé dans la maison, dans le jardin et le potager. Il y a meme un nouvel habitant avec qui j’ai passé beaucoup de temps.

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Hugo, Chito le chaton mignon mais qui miaule tout le temps, et Picha

 

Laura de France (ca fait un peu reine dit comme ca) m’a envoyé un message car elle s’inquiétait pour moi : un volcan est entré en éruption au Chili ! Apres une courte recherche je me rends compte que c’est le volcan Villarica sur lequel je suis montée a Pucon en décembre avec les crampons et descendue en luge ! Trop fou !

 

Photos Puerto Madryn

Séance photos !

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Vautour a tete colorée

 

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Mini salar

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Mara

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Nandu

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Faucon

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Elegants elephants de mer

 

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Pingouin de Magellan a 2 tetes

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Pingouin de Magellan a 1 tete

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Elephant de mer et otaries (ou lions de mer)

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Peludooooo ! (tatou)

Montrer tous ces animaux ouvre l’appétit alors j’ai mis quelques nouveautés dans le coin cuisine Argentine.

A bientot !

 

 

 

 

 

 

 

Cote Atlantique et Puerto Madryn

Après le départ d’Ushuaia, j’ai troqué la Cordillère des Andes suivie depuis si longtemps contre la cote Atlantique. Pour passer d’Ushuaia en Argentine a Rio Gallegos en Argentine, il me faut 4 tampons en plus dans mon passeport car on est obligé d’entrer au Chili puis d’en sortir. A la première frontière, je croise Alex&Sarah partis la veille en stop. Il y avait tellement d’autre autostoppeurs et si peu de voitures qu’ils ont du dormir dans leur tente a la douane frontalière ! Je leur souhaite bon courage et remonte dans mon confortable bus.

Une fois a Rio Gallegos, je me dis que j’aurais mieux fait de m’enfiler en une fois les 32h de bus jusqu’à la prochaine étape qui m’intéresse, car cette ville est juste immonde et sans intérêt aucun. Meme les bords du fleuve Gallegos sont abominables. J’en profite pour passer quelques coups de téléphone a ma famille pour rattraper la journee.

A l’auberge une Argentine très mignonne est tombée sous mon charme. Elle m’a d’abord lancé des regards et des petits sourires depuis la cage d’escalier, puis est venue près de moi et m’a demandée si je pouvais l’aider a mettre sa deuxième chaussette. Ensuite elle s’est assise a coté de moi et m’a dit « dessine moi une vache ».
Sofia, 5ans, ma rencontre a Rio Gallegos.

Puis après de longues heures d’attente, encore 1h d’attente a la gare routière car mon bus a du retard. Je discute avec un italien qui a la cinquantaine, qui me demande a la fin mon nom et mon adresse pour m’envoyer une carte postale et m’invite chez lui en Italie. En partant il m’a fait un baise-main, je me suis dit que c’était assez comique, je passe quand meme ma vie avec un sac sur le dos, des baskets trouées, un pantalon de rando et un pull a capuche.
A 1h du matin nouvelle panne, après 30mn on nous fait monter dans un autre bus. Au lieu de l’habituel « semi-cama » (demi-lit), je me retrouve avec deux sièges « cama ejecutivo », autant dire un truc trop classe et trop confortable. Les pannes d’ici tournent très souvent en bonne nouvelle !
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Les 18h de bus peuvent etre résumées en une photo :
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Puis j’arrive a Puerto Madryn, a l’auberge La casa de Tounens, tenue par un français et avec trois volontaires français, Carole, Julie et Sébastien. Mon amie Lisa de France avait travaillé la aussi un peu, du coup c’est marrant de croiser des gens avec qui on connait des personnes en commun. En tout cas auberge au top avec une bonne ambiance, par contre forcement j’y ai passé mon temps a parler français et anglais. Et chose merveilleuse, je retrouve le plaisir de me promener en short tee-shirt et claquettes, il fait meme un peu trop chaud.

Le lendemain je me suis retrouvée en voiture avec un couple d’allemands et une suisse pour sillonner la Péninsule de Valdes. Ce n’est plus la saison des baleines malheureusement, mais on a bien l’intention de ne pas repartir d’ici tant qu’on n’aura pas vu tous les animaux présentés sur notre prospectus.

On s’est bien amusés, j’avais un peu l’impression d’être en safari photo. Ça a mal commencé puisque le premier animal aperçu était écrasé sur la route, mais ensuite on a eu assez de chance. Dans le désordre on a pu observer : des guanacos, des nandus, des maras qui font un peu hybrides de lapin et renard, des gigantesques vautours, des peludos trop drôles, des pingouins de Magellan tout petits et trop mignons, des éléphants de mer qui ressemblent a des sacs a graisse pas tres gracieux, des lions de mer (otaries) qui font un boucan pas possible…
La j’ai tout un tas de photos a vous montrer, mais l’internet étant bien lent, je les posterai la prochaine fois.


Et je garde le meilleur pour la fin : un ***** ! Ça a été assez comique parce qu’apres 2h d’attente a Punta Norte, la plage au nord de la peninsule, on commençait a vouloir partir, et puis la suisse me dit « apparemment le gars la qui regarde dans les jumelles aurait aperçu quelque chose ». Je commence a me dire, sceptique « ouais ouais c’est ça il a… » et puis la, OOH!!!, je vois la nageoire dorsale d’un orque qui sort pas si loin de la plage ! Branle bas de combat, en deux-deux tout le monde sur les passerelles d’observation était au courant et s’est mis a courir pour suivre l’orque. J’étais partagée entre le fait que je voulais le voir utiliser sa technique impressionnante du je-m’échoue-sur-la-plage-pour-gober-un-bébé-otarie, et le fait que les minis-otaries sont quand meme choupinous.
Mais rien de tout ça n’est arrivé, après 3 brèves apparitions l’orque a disparu de l’autre coté.

Le jour 2, après pas mal d’hesitations devant le prix, je me suis finalement décidée a aller faire du snorkelling (masque et tubas)…avec des otaries ! Il n’y avait que le guide, un autre français, moi, et des tas d’otaries, le pied ! Je n’avais jamais fait de plongette avec un tuba, mais j’ai réussi a me maintenir en vie le temps de nager et faire mumuse avec les otaries qui venaient tourner autour de nous pour jouer, assez incroyable comme expérience ! Une fois sur le bateau ou le guide m’a hissée comme un sac a patates, j’avais du mal a me tenir debout mais j’avais la banane.
Je n’avais pas pris l’option photos-vidéos en plus pour immortaliser ce moment, alors voici une autre photo pour vous consoler.

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« Peludo » tout mignon

Et puis le jour 3, comme je suis bizarre ces temps ci, je suis allée de moi meme dans un autre musée a l’autre bout de la ville, l’Eco-centre océanographique.

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Fanions de baleine ?

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Pour les biologistes

Je n’y ai pas appris des tas de choses, mais j’ai bien aimé quand meme.

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Phares – Maria Laura Bratoz

Ushuaia, Part 2

Allez, reprenons l’histoire au 23 février, oú je suis toujours a Ushuaia.

Ce jour la j’ai décidé, fait incroyable, d’aller au musée. Il s’appelle le Musée de la Marine et de l’ancienne prison, et bien qu’il coûte cher je suis quand meme partie sans attendre la monnaie, obligeant la gentille madame a me chercher pour me la rendre.
Comme le nom l’indique, le musée est construit dans l’ancienne prison, et il y a une partie sur l’histoire de la marine avec plein de jolies maquettes des bateaux depuis le XVIeme siècle ayant voyagé jusqu’à la Terre de Feu.

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D’ailleurs pourquoi parle-t-on de la Terre de Feu hein ? Parce que pour moi ça aurait du s’appeler la Terre du Vent, ou bien de l’Eau. En fait ça date des premières expéditions justement, quand les navigateurs repéraient les bords de l’île grace aux feux allumés par les aborigènes.
Je suis étonnée devant une carte du monde dont s’est servi Magellan en 1520 pour chercher un passage entre l’océan Atlantique et l’océan Pacifique. Étonnée qu’elle ait parcouru les siècles, et aussi parce que les proportions de l’époque étaient un peu différentes de maintenant avec toutes nos mesures de précision. Maaais ils étaient pas mal deja en 1500 !

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Carte utilisée par Magellan en 1520

Il y a une toute petite partie sur le petit peuple des Yamanas (ou Yagans) qui habitait la avant l’arrivée des blancs colonisateurs. Je dis petit d’une part car ils étaient relativement peu nombreux, 1000, et que parmi eux j’aurais presque eu l’air d’une géante. Les femmes mesuraient en moyenne 1m43 et les hommes 1m57, et ils avaient la partie inférieure du corps rachitique car ils passaient la majeure partie de leur temps en canoë a pêcher.

Le débarquement des européens a signé leur arrêt de mort, et pas forcément par volonté. D’une part comme j’en ai deja parlé dans l’autre article la quantité de lions de mer dont ils se nourrissaient a drastiquement diminué avec la chasse intensive, et d’autre part certains européens, croyant bien faire, leur ont fait changer leurs habitudes alimentaires et vestimentaires. Le problème par exemple c’est que jusqu’à présent les Yamanas s’habillaient tres peu, et l’eau de pluie les lavaient régulièrement. Avec des vêtements sur le dos humides en permanence, l’hygiene s’est vite dégradée. Ajouté a ça l’apparition de maladies europeenes inconnues pour eux (rougeole entre autres), leur nombre a rapidement chuté. Aujourd’hui quelques personnes se revendiquent encore Yagans, meme si le peuple original a été entièrement décimé.

Pour le reste du musée, ça se passait dans une aile de prison restaurée, avec des informations sur un peu tout dans chaque cellule. Sur les pingouins et autres animaux présents ici, des autres prisons dans le monde, certains detenus celebres, des moyens de communication de l’époque, des objets faits a partir d’ivoire, des armes rustiques fabriquées par les détenus de la prison, et j’en passe. Au final ça faisait beaucoup de sujets différents, je me suis vite perdue.
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Ce que j’en ai retenu, c’est qu’Ushuia a été créée en 1884 par l’Argentine, qui a eu l’excellente idée de vouloir peupler l’île avec des détenus de prison, qui ont construit eux meme leur prison. Ça n’a pas très bien marché.

Aujourd’hui la ville compte plus de 50 000 personnes et beaucoup d’entreprises s’y installent malgré l’eloignement de tout (par la route on est meme obligé de passer par le Chili pour y accéder) car l’Etat verse des subventions, enjeux géopolitiques en vue. Et niveau tourisme, 90% des excursions qui partent en Antarctique se font d’Ushuaia. Et tant que je parle géopolitique, je viens de commencer un livre sur les Islas Malvinas / Falkland islands / Îles Malouines qui va tenter de m’expliquer quelle est cette galère qui règne depuis une éternité pour l’attribution de ces îles aujourd’hui anglaises mais dont la propriété est toujours contestée par les argentins.

Après l’aile de la prison restaurée et archi pleine de gens qui suivaient une visite guidée gratuite que meme un sourd aurait entendue, j’ai poussé la porte d’une autre aile qui est restée telle qu’elle a été laissée après la fermeture de la prison. Quand j’y entre, le silence et le froid qui y règnent changent aussitôt l’ambiance.
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Mais je suis bien vite rejointe par la visite guidée qui m’a rattrapée. J’en profite pour fuir et me réchauffer les oreilles.
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Le soir je suis allée m’asseoir a la table ou Benjamin et Sarah dessinaient tous les deux pendant qu’Alex écrivait. Sarah fait des dessins simples et sympas sur les pages de son petit carnet pour illustrer leur journee, je trouve ça chouette comme idée ! Et j’adore les dessins que fait Benjamin, alors je suis tres satisfaite de cette interlude artistique. Puis on fait un jeu entre français, bien marrant. Je m’explique comme ça si certains ont une colo a animer cet été ça pourra toujours leur servir.
Il faut un nombre impair de personnes (5 ou plus c’est mieux), du papier et des stylos. Tout le monde écrit une phrase sur un morceau de papier. Ensuite chacun fait passer a son voisin qui dessine ce qu’on a écrit sur un autre bout de papier. Il fait a son tour passer a son voisin, en cachant bien entendu la phrase initiale. Il doit alors deviner la phrase a partir du dessin. Et on continue comme ça jusqu’à un tour complet.
Deux extraits ici :

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A lire de haut en bas

 

Puis j’ai pris un bus a 5h du mat’, pour LE NORD. Après 3 mois a descendre sans cesse le long de la Cordillère, il me faudra ensuite moins de deux semaines et 90h de bus pour me retrouver de l’extrême sud venteux et froid a l’extrême nord desertique et aride du Chili.
Mais il y a eu quelques étapes au milieu, bien sur

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J’ai officiellement la flemme de mettre des articles sur le blog. 
Pourtant il me reste a raconter la fin d’Ushuaia, la péninsule valdes avec les rencontres animalesques de loin et de près, mon passage a la ferme pour faire un coucou a la famille, le bref mais agréable stop a La Serena, le chaud et sportif séjour tout au nord du Chili a Arica…
Un jour peut-être !

Et ces trois sportifs français morts en hélico, c’est naze, je les aimais bien.