Bonus en dessin

happiness in 46 steps

Après « quelques » heures de gribouillage dans mon carnet de route, mon résumé de ce voyage est enfin terminé !
46 éléments sont cachés dans ce dessin, chacun représentant une étape de mon parcours, sans les doublons bien sûr. Certains ne peuvent se trouver qu’en ayant lu assidûment le blog, d’autres n’ont été montrés que sur les photos de facebook, d’autres nulle part, et d’autres encore n’ont rien à voir avec le voyage. Autant dire que moi seule détient la clé, mais si certains ont du temps à perdre, qu’ils s’amusent à associer quelques villes à des symboles 🙂

Les étapes :
1-Buenos Aires 2-Mendoza 3-Lavalle 4-Upsallata 5-Santiago 6-Valparaiso 7-Pucon 8-San Martin de los Andes 9-Bariloche 10-El Bolson 11-Esquel 12-Futaleufu 13-Chaiten 14-La Junta 15-Puerto Cisnes 16-Puerto Gaviota 17-Puerto Aysen 18-Coyhaique 19-Cerro Castillo 20-Puerto Tranquilo 21-Puerto Guadal 22-Entre Puerto Guadal et Chile Chico 23-Cochrane 24-Caleta Tortel 25-Villa O’Higgins 26-Entre Chili et Argentine 27-El Chalten 28-El Calafate 29-Parc Torres del Paine 30-Entre Puerto Natales et Punta Arenas 31-Ushuaïa 32-Rio Gallegos 33-Puerto Madryn 34-La Serena 35-Arica 36-Iquique 37-San Pedro de Atacama 38-Salta 39-Purmamarca 40-Tilcara 41-Humahuaca 42-Cachi 43-Cafayate 44-Iguazu 45-Mercedes 46-Colonia Carlos Pellegrini

Voici donc la fin finale de ce blog, que j’ai eu tout compte fait beaucoup de plaisir à mettre à jour !

A bientôt pour de nouvelles aventures !

Wake up and make your dreams come true : an end

Ça y est, nous voilà à la fin de ce blog !

Petit bilan scientifique : Pendant ces 160 jours de voyage j’ai parcouru environ 13 000 kms en bus, marché au moins plusieurs centaines de kilomètres, pris 4kg (de muscles, ça va de soi), mangé une bonne centaine de sandwichs et sûrement autant d’empanadas, j’ai été piqué bien 200 fois par des moustiques, j’ai passé environ 400h dans des bus, mini-bus, voitures, bateaux, sans jamais m’ennuyer. Je ne me suis prise aucun coup de soleil ce qui est un bel exploit, et je suis allée de 1m sous le niveau de la mer jusqu’à 4300m d’altitude, rencontrant des températures de 0°C à 48°C.

Lors de ma cinquantaine d’étapes, j’ai parlé à plus de 300 personnes différentes, dont une bonne cinquantaine de français, des argentins, des chiliens, des israéliens, des allemands, des brésiliens, des américains, des anglais, des suisses, des belges, des canadiens, des espagnols, des autrichiens, des italiens, des hollandais, des polonais, des danois, des uruguayens, des irlandais, des australiens, des vénézuéliens, des japonais, des colombiens, des finlandais, des costaricains et des paraguayens.
Parmi toutes ces personnes, il y avait un architecte, une chargée d’accueil dans un centre de vacances, un conducteur de camion, une télé-vendeuse, une sage-femme, des acteurs de théâtre, des retraités, une chercheuse en biologie des abeilles, un web programmeur, un chargé de relations sociales dans une ONG et une chargée de dossier dans la même ONG, un ingénieur civil, des géologues, des marins, un guide touristique, un chargé d’affaires, un facteur, un œnologue, un paysagiste, une tradeuse en énergie, une prof, des étudiants en management du sport, architecture, langue, biologie, histoire de l’art, psychologie, filière bois, lettres modernes… —————————————————————————————————————————————————– Avant de partir en voyage, on ne s’imagine jamais vraiment ce qui va se passer. Comment aurais-je pu imaginer que j’allais voir autant de choses incroyables, que j’allais rencontrer ces personnes qui allaient me toucher par leur force, leur générosité, leur joie de vivre, leur énergie, que j’allais vivre de manière si simple et si heureuse… ? J’avais quelques images en tête de l’Argentine, je n’avais aucune idée de ce à quoi pouvait ressembler le Chili. J’ai été surprise tant de fois par la beauté de ces deux pays, par l’aspect sauvage et désert de certains paysages, par l’immensité et la grandeur d’autres, par la magie qui habite certains lieux. J’ai parfois ri du choc de tomber sur un endroit fabuleux, parfois ouvert grand la bouche de surprise, parfois poussé des « oh » et des « ah » de stupeur, parfois pleuré de joie, parfois admiré en silence un sourire sur les lèvres. Et toujours je me suis dit que j’étais heureuse, d’être là.

Beaucoup de personnes trouvent ça fou, de partir seule comme ça avec un sac à dos, sans plan vraiment défini. De mon côté je ne trouve pas ça si dingue que ça. Tout d’abord parce que c’est plus facile que ce qu’on pense, et ensuite parce que j’ai croisé un paquet de gens qui étaient dans le même cas que moi. Je crois que le plus difficile dans l’histoire, c’est de prendre la décision de partir. Une fois là-bas, tout se met en place tranquillement. J’ai du me faire arnaquer quelques fois, mais jamais je n’ai fait de mauvaise rencontre. Je n’ai quasiment eu aucune contrainte, et le fait d’être seule me permettait une liberté incroyable. Aucun compromis à faire, le seul but était de faire ce que j’avais envie de faire. Ceux qui sont fous, c’est ceux qui font du camping. Ça pour moi c’est trop hardcore, parce qu’il faut se trimballer plein d’affaires, et que ce n’est vraiment pas confortable. Mais pour autant je trouve ça super chouette comme mode de voyage, et j’aimerais bien aimer un peu plus le camping.

Je n’aurais rien à changer dans ce voyage, il a été fantastique comme ça. J’ai été satisfaite de mes préparatifs, de la légèreté de mon sac, de mes multiples changements de plan, d’être rentrée plus tôt, d’avoir pu partager avec vous mes aventures, d’avoir amélioré un peu mon espagnol, d’avoir appris des tas de choses sur l’Argentine et le Chili, d’avoir pris mon temps, d’avoir réalisé un rêve.
J’étais partie avec un tee-shirt sur lequel il était écrit « wake up and make your dreams come true », il était parfait pour l’occasion.

Enfin, je voudrais remercier tout le monde : ceux qui m’ont supportée dans mon projet de voyage, celles qui m’ont encouragée à faire le blog, ceux qui m’ont incité à le continuer, ceux qui m’ont lue, ceux que j’ai rencontré pendant le voyage et qui ont fait de ce voyage ce qu’il a été, ceux qui m’ont aidée avec l’espagnol même s’ils ne risquent pas de passer ici, ceux qui m’ont donné des conseils en matière d’itinéraire ou autre, ceux qui m’ont prêté des affaires pour remplir mon sac, ceux qui ont été là dans les bons moments comme dans les moins bons, et ceux qui ont été contents de me revoir en France.

Pour la suite, je ne sais pas encore vraiment où mes pas me porteront. Je voudrais juste faire quelque chose dans la vie qui me plaise vraiment, même si ça signifie faire une nouvelle formation et changer complètement de travail. Je voudrais habiter dans un endroit avec de la nature, où je me sente bien, recommencer à faire du sport, et bien sûr, continuer à voyager ! Il y a tellement de pays dans lesquels j’aimerais aller, et pourtant pour ma prochaine destination j’ai envie de découvrir tout simplement la France, parce que parfois les plus belles choses sont là juste sous nos yeux.

Ps : j’ai dit que c’était le dernier article, mais un petit bonus est à venir prochainement.

Retour à Buenos Aires

Jeudi 9 avril, j’arrivais à Buenos Aires dans la matinée, 5 mois après en être partie. J’ai toute la journée devant moi, j’ai rendez-vous le soir avec Martin, le géologue que j’avais rencontré à Bariloche le soir de Noël et qui va m’héberger. Je sais déjà où j’ai envie d’aller : la réserve écologique qui était fermée en novembre pour cause d’inondation. Et bien c’était une très jolie réserve, plein de beaux arbres et d’oiseaux. Il y a des promeneurs, des coureurs, des cyclistes, mais sans excès. J’y passe donc quelques heures calmes, contente de cette promenade.

P1060902

P1060905

P1060906

P1060911

Zut, moi qui avais justement prévu de nourrir des crocodiles !

Même avec ma blessure au pied et mes claquettes, je me sens encore pleine d’énergie pour marcher jusqu’au quartier Recoleta où habite Martin. Car la ville est gigantesque, et même si sur le plan on a parfois l’impression que tout peut se faire à pieds, c’est loin d’être le cas ! Je retrouve Martin et on passe une partie de la soirée dans un pub pour regarder un match de foot Uruguay – La Boca (club de Buenos Aires) en mangeant une gigantesque milanesa.

Le lendemain, Martin travaillant, je me suis dirigée vers le fameux cimetière de Recoleta, qui est le Père Lachaise local. Je me suis trouvée bien stupide quand, après en avoir fait tout le tour, je n’ai pas trouvé l’entrée… Tant pis, je continue ma promenade ailleurs. Le soir on rejoint Hernan, un de ses amis qui est aussi un joueur d’ultimate, ça me rappelle des bons souvenirs ! Mais Martin, footballeur passionné a l’air sceptique : pour lui ce n’est pas un sport ! Je remarque que j’ai toutes les peines du monde à comprendre ce que dit Martin. Déjà l’accent de Buenos Aires est très fort, et en plus il n’articule pas vraiment, ce qui fait que je lui fais répéter chaque phrase, ou que je fais semblant de comprendre. Après avoir mangé, nous allons à une soirée couchsurfing dans un bar. En arrivant on se colle dessus des petits drapeaux pour dire de quel pays on vient et quelle(s) langue(s) on parle, et c’est parti pour parler avec des inconnus. Hernan a déclaré que j’allais être leur « wingman », c’est-à-dire leur aide pour draguer des nanas, mais il se débrouille très bien tout seul. Je me rends compte que je commence à être sérieusement fatiguée, de devoir passer par le même discours depuis 6 mois que je rencontre des personnes quotidiennement. En plus je n’arrive jamais à répondre à la question « d’où viens-tu en France ? ». Ha si seulement je le savais !
Etrangement, c’est la première fois que je peux parler français avec des non-français, et ça change tout ! Je discute une bonne heure avec un gars qui me dit qu’il est déjà allé en France, à St-Lô en Normandie, pour assister à un concert de Zaz ! Et comme il n’y avait plus de place, il lui a écrit un message privé et elle lui a offert une place VIP, le chanceux ! C’est marrant parce que tous les argentins avec qui j’ai parlé de musique française la connaissent et l’aiment beaucoup car elle est déjà venue faire des concerts en Argentine.

Quand vient l’heure de rentrer, je réalise enfin qu’on est venus en voiture, mais que Martin a bu pendant la soirée. Je monte quand même, et puis je me mets à gamberger. Et une fois que je commence à avoir peur, ce n’est plus possible de faire abstraction. Je me dis que ça serait vraiment trop bête d’avoir un autre accident juste 3 jours avant de rentrer ! Alors qu’on dépose Hernan chez lui, je sors de la voiture et annonce que je vais finir en taxi. Les deux garçons me regardent ahuris, et j’ai beau leur expliquer ce qui ne va pas, impossible de leur faire comprendre. Ils m’assurent que Martin n’est pas saoul, et que s’il semble dormir sur son volant c’est juste parce qu’il a des problèmes d’estomac. Loin d’être convaincue et le moral dans les chaussettes, je les laisse en plan pour prendre un taxi, et tant pis si j’ai cassé l’ambiance.

Mon dernier week-end a été plutôt calme et banal. Au petit matin, Martin part à l’hôpital car il a vraiment trop mal au ventre et qu’il n’a pas fermé l’œil de la nuit. Les médecins lui ont dit qu’il avait trop mangé et qu’il devait faire une diète. Du coup on ne fait pas grand-chose de la journée, à part un peu de shopping pour lui. Je rigole parce que dans les magasins où il va, les tailles de vêtements sont toutes petites, un S pour homme serait à ma taille. Le soir nous partons à La Plata, où il partage un appartement le week-end avec sa sœur.

Le dimanche, Martin part à un match de foot tandis que je vais me balader avec un autre de ses amis. qui aimerait bien aller en France un jour, notamment pour acheter des parfums français. Et le soir, nous voilà de retour à Buenos Aires car je dois partir lundi matin à l’aéroport.

Prochain et dernier article : un petit bilan de ce voyage !

L’article échec total

Le dimanche soir (on en est au 5 avril), je prenais le bus de nuit qui partait de Puerto Iguazu pour aller à Corrientes. Il doit arriver là-bas vers 6h du matin, et ensuite j’espère chopper un autre bus assez rapidement pour aller à Mercedes. Je passe une assez bonne nuit malgré les différents arrêts du bus. A 6h10, il stoppe une nouvelle fois, et je me demande, endormie et paniquée, si je dois descendre là. Je rassemble vite fait mes affaires, remet mes chaussures et file vers l’avant du bus. Le chauffeur me confirme qu’on est à Corrientes. On est à une station essence, ça a l’air un peu bizarre comme endroit, ça doit être tout petit comme ville. En dormant à moitié je donne mon billet de bus derrière lequel il y a mon numéro de bagage, et récupère mon sac. Une nana derrière me dit que j’ai perdu mon ticket et me le redonne. En fait ce n’est pas le mien, mais je le mets dans ma poche quand même histoire de ne pas le jeter par terre. Le bus part, et je commence à me dire que je ne sais pas bien comment je vais prendre mon prochain bus. J’entre dans la station service et demande à une dame où se prennent les bus. Elle me regarde un peu bizarrement, et me dit que là on est bien à Corrientes, mais à 15km du centre et de la station de bus. Merde. Bon. Je réfléchis intensément. Enfin, intensément comme un matin à 6h30.
Un autre bus s’arrête pour laisser descendre des passagers. Je me précipite et demande si je peux monter jusqu’au terminal de bus. Le gars me demande avec quelle compagnie je suis arrivée, et comme ce n’est pas la même, il refuse et s’en va. Heureusement en même temps s’arrête un nouveau bus, de la compagnie avec laquelle je suis venue. Rebelote, le chauffeur me demande comment je suis arrivée là et veut voir mon ticket de bus. Et c’est là où j’ai de la chance, puisque j’ai gardé dans ma poche le ticket tout froissé qui n’est pas le mien, mais on s’en fiche, au moins il y a le nom de la compagnie de bus dessus. Il me laisse grimper, yes !

A Corrientes, j’ai 3h d’attente avant mon prochain voyage. Un peu fatiguée, je reste là sans faire grand-chose, étonnée aussi de l’efficacité – ou de la désorganisation – de la société de nettoyage qui par moments passe toutes les 10mn passer le balai sous nos pieds. J’observe le balai des porteros, ces hommes qui s’occupent de mettre les bagages en soute. Pour l’explication, en Argentine dès qu’on est dans un terminal de bus, les porteros sont en charge de mettre un numéro sur chaque sac, de le balancer en soute, et de donner le numéro correspondant à la personne. En échange de ça, il est de coutume de donner un pourboire. J’ai déjà vu un portero refuser de charger un sac car aucun pourboire ne lui avait été donné. Alors j’ai pris l’habitude de garder ces billets de 2 pesos en effroyable état pour mes trajets en bus. Pour récupérer son sac, c’est pareil, il faut leur donner un pourboire, ce qui est franchement agaçant quand tu vois ton sac juste là et que tu n’as besoin de personne pour le prendre. Ça m’est déjà arrivé de l’attraper toute seule une fois, et je me suis bien faite crier dessus !

Après 2 ou 3h de bus, me voilà enfin à Mercedes. Pour les personnes qui se demanderont s’il y a des mercedes là-bas : et bien je n’en ai vu aucune haha ! La ville n’est pas très grande, morte quand j’arrive car c’est l’heure de la sieste et que tout est fermé, mais sinon elle a l’air plutôt agréable et pas du tout touristique. Je trouve une auberge où Béa la propriétaire est tout à fait charmante et attentionnée. Je suis l’unique voyageuse, mais elle m’assure que la semaine dernière c’était rempli. Je me retrouve dans un dortoir de 3 pour moi, ça a l’air calme comme tout, parfait !

P1060866

P1060867

Je règle la logistique pour aller à la réserve « Esteros del Ibéra », la raison pour laquelle je suis là. Dans les guides c’est écrit que c’est un peu compliqué d’aller là-bas et que pour cette raison peu de personnes font le déplacement. Pour de vrai ce qui est compliqué c’est de s’entendre correctement avec l’unique compagnie qui propose à la fois le trajet et le logement. Parce que la nana de l’agence est tout à fait incompétente, qu’elle me donne à chaque fois des prix différents, que la réduction que je suis censée avoir avec mon mini-guide ne marche que dans le cas où je prends un package qui vaut plus cher que chaque chose prise séparément, que finalement elle peut me faire une réduction sur ci et ça mais elle ne sait pas faire une réduction de 10% alors je dois tout vérifier pour ne pas me faire arnaquer. J’ai presque envie de laisser tomber tellement ça paraît mal parti. Mais étant donné que j’arrive à la fin de mon voyage et que je ne peux plus vraiment changer d’itinéraire, je respire un grand coup et me décide à y aller.

Au final c’est bon, je prends le van le lendemain midi et arrive à Colonia Carlos Pellegrini en début d’après-midi. Sur la route rectiligne et défoncée, je me rends compte au fur et à mesure des kilomètres que cette réserve n’est pas du tout ce à quoi je pensais. Je croyais aller dans une sorte de forêt amazonienne à échelle réduite, qui serait luxuriante de végétation et qui regorgerait d’animaux sauvages de tout genre. En fait je ne vois aucun arbre à l’horizon, tout simplement parce que « Esteros del Ibéra », étangs de l’Ibéra en français, signifie en langue guarani « les eaux qui brillent » : ce sont des marécages et des étangs. Mais qui ont la réputation de posséder une faune et une flore très variée, avec une faune autochtone menacée et protégée.

Tant pis tant mieux, on verra bien ce que ça donne. J’ai déjà payé pour une promenade à pieds avec un guide, et une balade à cheval. Pour le tour en barque, ce qui a l’air le plus intéressant, j’attends de voir car je suis à cours de liquide. Oui parce qu’évidemment c’est juste pour ma dernière semaine que j’ai dépassé le plafond de retrait et que ma deuxième carte ne marche pas dans les distributeurs de la petite ville.

Le van me laisse devant mon auberge, où Nelson, un grand jeune m’accueille. C’est le fils des proprio, et en fait c’est avec lui que je vais faire la promenade guidée. Je découvre les « cabanes ». Là encore, aucun autre voyageur en même temps que moi, j’ai donc une petite maison pour moi toute seule, super ! Dans la soirée, on part faire la promenade. Sachant que j’avais payé environ 15€, je m’attendais à une bonne marche. Et non, j’aurais du me souvenir que parfois on se fait avoir. Bien comme il faut cette fois encore ! On a fait 10mn de voiture, visité 10mn le centre pour visiteurs, on a marché 10mn dans un sous-bois où on était censé pouvoir observer des singes, sauf qu’ils étaient cachés, et lui il avait un petit livre pour me dire que ça c’était tel oiseau et ça c’était tel arbre. On a aussi marché 10mn aller-retour sur une passerelle en bois au dessus de l’étang. Et voilà, bim, 150 pesos.

P1060869

Carpincho

P1060875
P1060876

P1060877

P1060883

P1060884
Après la petite balade, mon guide privé me laisse pour aller à son cours du soir. Il m’a proposé de repasser après, à 22h30 pour une promenade nocturne et une bière.

Papa, tu peux passer au paragraphe suivant, risque important d’évanouissement !
Je tente de prendre une douche, sans réussir à comprendre comment faire sortir l’eau par le pommeau. Echec, il faut plus qu’un diplôme d’ingénieur pour trouver le fonctionnement. Je sors, mets une claquette, essaye de chopper la deuxième eeet glisse sur le sol mouillé. Heureusement j’ai des bons réflexes alors je me rattrape au lavabo. Alors que je me suis à peine appuyée dessus, il décide de prendre son envol. Heureusement comme j’ai des très bons réflexes, je le rattrape à temps. Occupée à vouloir le remettre en place, je n’ai pas vu que le pied du lavabo à son tour réclamait son indépendance. Il s’écrase au sol et se brise. Sur un de mes pieds. Je me retrouve donc avec un lavabo dans les mains et un pied qui pisse le sang.
Et merde.
Le point positif c’est que le miroir ne s’est pas cassé, j’ai évité 7 ans de malheur. Je pose le lavabo au sol, évidemment le tuyau est trop court, il se détache et commence à tout arroser. Je le plante dans la canalisation du lavabo. Bon, et maintenant ? Tant bien que mal, en tenant mon pied dans une main et à l’aide d’une serpillère j’arrive à rejoindre la chambre pour attraper ma trousse premier secours sans trop en mettre partout. Une compresse et du scotch d’électricien, tadadam ! Quand ça aura fini de guérir ça me fera une belle petite cicatrice en forme d’empanada sur le pied !
Après mure réflexion, je me dis qu’il faudrait que j’aille voir à l’hôpital si j’ai besoin de points de suture. Oui parce que bien qu’il n’y ait que 800 habitants, j’avais vu l’hôpital sur le plan.
Je sors dans la nuit avec la lampe frontale en laissant la salle de bains en mode scène de meurtre. A la première maison, je demande oú est l’hôpital. Le monsieur me répond que c’est à 4 rues d’ici. Ok, je m’élance clopin-clopant. Le gars me hèle. Je me dis qu’il va me proposer de m’emmener. Non, il me dit que sa femme qui travaille à l’hôpital vient de lui dire que c’est complètement fermé et qu’il n’y aura pas de médecin avant demain 7h. Et qu’à 7h c’est juste pour les gens malades. Euh bon, d’accord.
Je retourne dans la cabane, fais un peu de ménage avec les moyens du bord, et me fais du riz.

Finalement pas de promenade de nuit pour moi !

Maman passe au paragraphe suivant, tu ne vas pas aimer non plus !

Etant donné que c’est une journée bien pourrie comme il faut, ça continue pendant la nuit. Je n’arrive pas à dormir, puis je me réveille au milieu de la nuit, attaquée par un moustique. Je me décide à me lever pour me parfumer à l’anti-moustiques. J’allume la lumière, et là une petite souris entre dans la chambre, par un trou en bas de la porte…Génial… ! Je n’ai pas crié, ni paniqué, juste blasée de cette rencontre. Bon, pour l’instant je suis en sécurité sur le lit, elle ne va pas y grimper, hein ? J’espère juste qu’elle ne va pas rentrer dans mes affaires posées au sol. Depuis mon perchoir j’ouvre la porte, et j’arrive en lui faisant peur à la faire sortir. Je referme la porte, met un oreiller devant pour l’empêcher de rentrer, et retourne dormir. A 6h15, des coqs plein d’énergie me réveillent. Je me lève, me prépare, et file à l’hôpital en trainant la patte. A 7h15 quelqu’un arrive enfin ouvrir l’hôpital. Elle me fait un beau pansement, et me voilà repartie.

J’arrive tant bien que mal à mettre mes chaussures et pars à ma randonnée à cheval où je suis avec une famille belge et une argentine. Le moment où on est dans les marécages est marrant mais sinon rien de transcendant, j’avais préféré l’épopée chevaleresque au Cerro Castillo !

P1060889

P1060891

Lorsque je reviens à l’auberge, on m’apprend que le plombier est passé et que je dois leur payer 700 pesos de réparation. Là je me dis que je n’aurais peut-être pas eu une mauvaise idée de ne pas venir ici. Je compte tout l’argent qu’il me reste : 700 pesos environ, mais il m’en faut 200 pour le bus du retour. Bon, pas de barque ça c’est sûr. Je leur donne mes 500 pesos, leur dit qu’ils comptent les 135 que j’avais payés pour la seconde nuit que je ne ferai pas, et que je payerai les pesos restants dans leur agence à Mercedes.

En milieu d’après-midi me voilà donc de retour à Mercedes, les poches vides. Impossible de retirer de l’argent, ni de changer la tonne de pesos chiliens que je me trimballe toujours avec moi. Dernière option : changer LE billet de 20€ qui voyage avec moi depuis le début de mon voyage. Je me sens riche là et paye les 65 pesos restants. J’avais déjà acheté mon dernier billet de bus pour Buenos Aires le lendemain soir, mais à force de réflexion je le change pour le soir même. Plus qu’une dizaine d’heures à attendre.