Quelques coups de pédale

Dans le dernier article qui date de mai, je disais que je voudrais aussi visiter la France. On peut dire que cette petite aventure cycliste était une tentative. Tentative parce que c’était en mode supra-rapide et que ce n’était vraiment pas du tourisme.

Mais d’abord, posons le contexte.

J’étais en train de terminer mon semestre de cours à St Etienne et j’allais remonter mes affaires en voiture une semaine avant la fin de mes cours. En septembre j’avais acheté un vélo sur le bon coin pour aller à la fac, ce que j’ai fait assidument pendant 4 mois (25mn de montée le matin et 15mn de descente le soir). Un détail me turlupinait : comment remonter mon vélo maintenant ? Il n’allait pas passer dans la voiture, je n’avais pas envie de le revendre, et le trimballer dans le train avec un changement à Paris m’ennuyait profondément. Et là, en réfléchissant du fond de mon lit dans le noir inspirateur de la nuit, une petite voix a dit « ben et ton vélo, il roule non ? T’as qu’à remonter en pédalant ! ». Et voilà, l’idée s’était posée et n’est pas repartie. Même si j’allais partir en décembre, que c’était un vélo d’occas avec un plateau 1 qui rechigne souvent à passer, que je n’ai pas de GPS et qu’il me restait quand même quelques affaires à remonter.

Etapes prévues : St Etienne – Roanne – Moulins – Cosne Cours sur Loire – Orléans – Rambouillet, soit environ 115kms par jour pendant 5 jours. Etant donné mes problèmes de genoux (c’est ça d’avoir marché pendant 6 mois, bien fait pour moi), je n’étais même pas sûre de pouvoir pédaler plus de deux heures, aussi je comptais sur la première journée pour étalonner la suite du périple.

Après avoir réglé quelques détails, fait une révision complète de mon vélo chez Décathlon qui m’a coutée plus chère que le prix de ma bécane, planifié bien comme il faut la première journée de trajet et la première nuit en couchsurfing, je suis partie le 20 décembre, dans la quiétude d’un dimanche matin au lever du soleil.
Avec moi : mon sac de 60L sur le porte-bagages, mon petit sac sur le dos, et ma feuille de route scotchée au guidon.

Jour 1 :
7h45 : Départ.
8h30 : Problème d’itinéraire : je n’avais pas prévu de me retrouver sur une 2×2 voies. Mh. Bon,  on va faire ça rapidement, pas grand monde à cette heure là.
9h : Petite route tranquille, le soleil se lève au dessus des collines et les oiseaux piaillent gentiment autour de moi. Je souris.
9h30 : Première ville : je me perds et ne trouve pas la route par laquelle je dois continuer.
9h45 : J’ai retrouvé la route, par contre le gros sac est trop lourd pour le porte-bagages qui est seulement fixé à la tige de selle : ça frotte sur la roue arrière. Erf. Je m’arrête et le sac tombe. Je prie le Saint de l’Electronique que mon PC portable reste vivant. J’essaye de remettre ça au mieux et repars.
9h55 : Non vraiment ça ne va pas le faire. Je prends le gros sac sur le dos et accroche le petit derrière.
10h00 : Oh, je vois dans mon ombre qu’une bretelle du sac derrière volette dans le vent. Je tente de remettre ça bien sans m’arrêter. Parfois je ne sais pas pourquoi, je me figure que je suis capable de faire deux choses en même temps. Je regarde la route asphaltée et la roue avant est déjà partie copiner avec la bande herbeuse à côté. Je me vautre royalement. Nouvelle prière au Saint de l’Electronique, au Saint de la Mécanique cycliste.  J’ai un genou bien écorché et un poignet pas très content, mais ça va. Le vélo a l’air pas trop mal, à part que j’ai cassé le phare avant. Je rigole toute seule de ma débilité profonde. Je re-re-remets mes affaires comme il faut et repars. Ah tiens c’est marrant, le guidon est de travers. J’essaye de le remettre (en m’arrêtant, OUI), mais j’ai beau forcer, il ne bouge pas. Bon tant pis, ça n’empêche pas de rouler.
12h : Pause repas dans le petit village bucolique de Boën-sur-Lignon.

12h45 : Je repars super en forme, avec 15mn d’avance sur mon planning.
13h : Erratum, je n’ai pas pris la bonne route, je repars dans l’autre sens et attrape la bonne direction.
15h30 : ça monte sacrément, mais le petit village en pierre de St Germain-Laval est vraiment mignon. Il y a même un petit château, et une vue sur le relief vallonné autour.

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17h : Arrivée à Roanne, pile à l’heure ! Youhou, j’ai fait plus de 100kms en vélo, je me dis que c’est possible que j’arrive au bout ! Je fais la rencontre de Sylvie qui va m’accueillir pour la nuit. C’est marrant parce que j’avais contacté Dagmar, une psy slovaque sur le site couchsurfing, mais comme elle ne pouvait pas pour cause de maison remplie (c’est ça de voyager à Noël), elle a demandé à une de ses amies de m’héberger, qui a accepté bien qu’elle n’ait jamais fait ça avant. Mais il paraît que j’ai une bonne tête et que Dagmar lui a dit de ne pas s’inquiéter.

Après une douche réparatrice, on discute autour d’une tarte aux pommes qu’elle a faite spécialement pour moi. Et Dagmar passe une heure pour me rencontrer et m’apporter une grosse praline, spécialité de Roanne. Oui, je suis gâtée ! Du coup je repartirai le lendemain avec les pâtisseries que j’avais achetées pour la remercier de son hospitalité + la praline + une mini-tarte aux pommes. On mange un repas entièrement végétarien pour lequel je ne râle même pas, et on papote encore. Elle travaille dans une entreprise qui fait des papillotes, alors elle en a des tas partout 🙂

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